Un parrain d'exception pour la promotion 2017 !

LUNDI, 13 NOVEMBRE 2017

Interview de Régis Pennel fondateur de L’Exception et future parrain de la promotion 2017.


Il nous reçoit dans son FLAGSHIP HYPER CONNECTE qui a ouvert ses portes sous la canopée des Halles en avril de 2016.



Vous avez un parcours atypique, de polytechnique à Celine ?

Comment s’est fait la transition ?

Simplement parce que j’ai envoyé un CV ! C’est une histoire de hasard, une question de chance. Je suis tombé au bon endroit au bon moment. Le milieu m’intéressait. Le luxe n’était pas encore si recherché surtout par des ingénieurs, je pense que ma démarche a surpris. J’ai fait mes preuves d’abord au retail et je suis passé au marketing produit avec l’arrivée de Phoebe Philo. J’ai eu la grande chance de travailler sur sa toute première collection.


Comment définiriez-vous le concept de L’Exception ?

C’est vraiment un concept store dédié à la création français. On ne se définit pas comme une startup. On travaille avec 400 marques de prêt à porter et accessoires puis on a élargi au lifestyle, et à quelques marques étrangères cet hiver. On ne voulait pas se priver de nos coups de cœur…Ce qui nous définit, c’est un peu d’être dénicheurs de talents. On soutient des campagnes sur kisskiss bankbank, on les accompagne et on finance parfois le crowdfounding. On est vraiment dans cette démarche d’animation des réseaux, d’accompagnement de la création.


Ce flagship n’est pas qu’un simple point de vente physique, c’est une véritable expérience ! Quelle est la différence avec la boutique de la rue Bichat ? En quoi ce flagship constitue une innovation ?

La rue Bichat c’est très différent car ce sont également nos bureaux. C’est aussi une forme d’expérience… des bureaux avec une petite boutique devant… c’est plus dans l’esprit du 10 arrondissement. Ici c’est vraiment notre Falgship store, c’est une expérience car il y a toujours des choses qui se passent, des pop-up stores, des évènements au moins toutes les 2 semaines, avec des lancements de collections, des concerts, des invitations de DJs… C’est aussi un lieu de vie avec le café… C’est une boutique qui est vraiment dans « le retailtainment », la nouvelle tendance en termes de boutique. C’est aussi une boutique qui travaille sur l’omni-canal et il n’y a pas beaucoup de boutiques qui le font à ce point-là. C’est-à-dire qu’on peut faire tout en terme d’omni-canal chez nous : le client peut se faire livrer, à la boutique, chez lui, il peut ramener des pièces à la boutique, il peut faire livrer des pièces à la boutique pour un essayage sur rendez-vous, il peut acheter ici et se faire livrer partout dans le monde. Il n’y a aucune différence entre le service qu’on apporte en ligne et en boutique. Ce sont des choses qui sont particulièrement difficiles à faire et qui nécessitent, notamment, beaucoup de développements techniques, même si ça à l’air simple comme ça.


Comment imaginez-vous la mode de demain ?

C’est déjà la mode d’aujourd’hui. Je pense qu’elle est en recherche de valeurs. Chercher qui on est, ne pas se déguiser, trouver son propre style, être en accord avec ses valeurs. Mais aussi, les valeurs du produit, de la qualité, du savoir-faire, de savoir où s’est fabriqué… Les clients sont de plus en plus éduqués et veulent savoir ce qui se passe. La responsabilité sociale et environnementale est devenue importante. La mode va de plus en plus dans cette direction…


Quelles sont vos impressions sur le fait d’être parrain de cette promotion ISEM ?

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Pour moi c’est une grande fierté. Je suis très content de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice de la formation des jeunes de l’ISEM. J’ai hâte d’être aux jurys, je pense que ça va vraiment être intéressant. J’ai hâte de savoir ce qui va se dire, ce qui va se faire de pouvoir aussi donner mon avis dessus. J’espère que je serais un bon parrain.


Quels conseils donneriez-vous à nos étudiants pour réussir dans la mode et plus particulièrement dans l’entreprenariat aujourd’hui ?

Je pense que le plus important est de croire en son projet et de s’affranchir un peu des limites qui peuvent se poser, de tout ce que les gens vont pouvoir leurs dire sur leur projet. « ça ne marchera pas, c’est difficile… » on voit ça tous les jours et je pense que si nous en 2010 quand on a commencé à réfléchir à l’Exception, on s’était posé la question de où on allait vraiment, on aurait jamais monté ça ! On allait sur un marché qui était déjà assez bouché, sur un business assez compliqué. Il faut croire dans ce qu’on a, c’est un peu au feeling, on le sens à l’intérieur de soi. Il faut se dire : C’est un projet qui va marcher et on va le porter jusqu’au bout. C’est important d’avoir confiance en soi. Il faut toujours écouter, il y a plein de choses à apprendre mais je pense que dans la mode, ceux qui réussissent le plus, sont ceux qui ont le courage d’aller plus loin.


Votre sensibilité « mode »…

Selon vous, quelles sont les marques du moment ? Les incontournables ? Si je sors des marques de luxe et autres qui sont vraiment établies, les marques qu’on a vu sur la dernière Fashion Week et qui sont vraiment intéressantes, il y a Jour/né qui a fait un super défilé et va de plus en plus loin dans ses créations, il y avait aussi Victoria/tomas pour son premier défilé. C’est une marque qui a démarré il y a peu de temps, a eu ses premières boutiques et enfin a été suffisamment créative et mature pour défiler et qui a beaucoup de presse. C’était vraiment intéressant de voir ces jeunes créateurs émerger. Dans les marques françaises, on suit aujourd’hui, Carven, l’arrivée du nouveau directeur artistique était très attendue, tous les regards étaient tournés dessus pour cette première collection qui défile. Les jeunes marques sont celles qu’on va regarder, mais pas forcément celles qui défilés, on suit ce que fait Amélie Pichard par exemple, on trouve ça complètement décalé, son univers très nineties, finalement très dans l’air du temps, elle l’a fait avant tout le monde. La collab avec Pamela Anderson l’année dernière enfin… toute ces choses-là qui sont très fortes. Il y’a plein de jeunes marques qui nous intéressent, je peux en citer plein… Côme est une très jolie marque, Proêmes de Paris a fait une très belle collection… On voit énormément de marques donc c’est difficile de faire un choix.


La pièce maîtresse de votre dressing ? Finalement je suis assez classique, ce sont souvent les gens qui sont le plus dans la mode qui sont les moins habillés. Sauf certaines rédactrices peut être… Moi, tous les jours, je vais mettre un jean brut et une chemise et je vais aller bosser. Des bons basiques, je ne réfléchis pas trop à comment je vais m’habiller.


La personnalité qui vous inspire ? Si vous pouviez skyper avec un créateur, qui serait-il ? Je pense qu’aujourd’hui tous les yeux sont tournés vers Virgil Abloh. Tout le monde regarde ce qu’il fait en disant : C’est absolument génial ! Sinon, le fondateur de Supreme… Ce sont des gens inspirant. Réussir à monter des marques comme Off White, Supreme en surfant sur ces nouvelles tendances tout en gardant un positionnement hyper luxe, j’ai beaucoup de chose à apprendre là- dessus, on est très loin de ça.


Quel est pour vous le comble du mauvais goût ? Je crois que dans la mode il n’y a pas vraiment de mauvais gout tant que c’est assumé. On va voir des éditorialistes qui vont porter du orange avec du fushia, qui vont assumer complètement et porter ça avec des gros talons. Tout le monde va les prendre en photos et dire que c’est génial. Il n’y a plus vraiment de codes aujourd’hui. Aujourd’hui, le mauvais gout, même les chaussettes dans les Birkenstock, c’est devenu super fashion, porté avec un bermuda long et une chemise oversize, en fait… c’est super mode et super cool. Donc aujourd’hui, le mauvais gout, c’est essayer de faire comme les autres sans l’assumer.


Et le bon goût c’est quoi ? Pour moi le bon gout c’est de s’assumer !


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


An exceptional patron for the 2017 ISEM graduates!


Interview of Régis Pennel founder of L’ Exception.


We had the chance to meet him in the hyper connected FLAGSHIP which opened its doors under the canopy of Les Halles in April 2016


You have an atypical route, from polytechnic to Celine? How was the transition? Simply because I sent a CV! It is a story of fate, a question of luck. I was at the right place at the right time. I was interested by the fashion field. The luxury was not even so sought especially by engineers, I think that my approach surprised. I showed my ability at first in the retail and I passed in product marketing with Phoebe Philo’s arrival. I had the big chance to work on its very first collection.


How would you define the concept of The Exception? It is really a concept store dedicated to the French creation. We do not define ourselves as a start-up. We work with 400 ready-to-wear and accessories brands, then, we add some lifestyle and some foreign brands this winter. We wanted not to miss a crush … even for foreign brands. What defines us is to be talent scouts. We support campaigns on Kisskiss Bankbank, we accompany them and we sometimes finance the crowdfounding. We are really in this approach of network’s animation, of creation’s support.


This flagship is not that a simple physical point of sale, it is a real experience! What is the difference with the Bichat street shop? In what this flagship is an innovation? The Bichat street store is very different because they are also our offices in there. It is also a shape of experience …some offices with a small shop in front… it is more like 10 district’s spirit. Here it is really our Falgship store, it is an experience because there are always things which take place, pop-up stores, events at least every 2 weeks, with launches of collections, concerts, DJs’ invitations … It is also a place of life with the coffee shop … This shop really is in “ the retailtainment ”, the new trend in terms of shop. It is also a shop which works on the omni-channel and there are no shops which make it as us. We can make everything in term of omni-channel with us: the customer can be delivered, to the shop, at his home, he can return his shopping to the shop, he can be delivered to the shop for a fitting by appointment, can buy here and be delivered all around the world. There is no difference between the services which bring on-line and in the shop. It is things which are particularly difficult to make and which require, in particular, many technical developments, even if it’s look simply.


How do you imagine the fashion of tomorrow? It is already the fashion of today. I think that Fashion is looking for values. Searches, whom we are, not to disguise, find our own style, being in agreement with our values. But also, the values of the product, the quality, the know-how, to know where it’s made … The customers are more and more educated and want to know what takes place. The social and environmental responsibility became important. The fashion goes more and more in this direction …


What are your feelings on the fact of being patron of this ISEM graduates? What it means for you? For me it is a big pride. I am very satisfied to be able to make my contribution of the training of the ISEM young students. I look forward to be at jury, I think that it’s going to be really interesting. I look forward to know what it’s going to say, what is going to be made, be also able to express my opinion above. I hope that I would be a good patron of the 2017 ISEM graduates.


What advices would you give to our students to succeed in fashion and more particularly in the entrepreneurship today? I think that the most mattering is to believe in their project and to feel free with limits which can settle, of all that people are going to say on their project. “ That will not work, it is difficult ” we see that every day and I think that if in 2010, when we began to think about the Exception, we had asked ourselves the question of where we really went, we would never have taken up that! We went on a market which was already blocked, on a complicated business. It is necessary to believe in what we have, it is a feeling… inside us…. It is necessary to say itself : This project is going to work and we are going to carry it up to the end. It is important to be self-confident. It is always necessary to listen to, there are lots of things to be learnt but I think that in the fashion, those who succeed most, are the ones who have the courage to go farther.


What about your fashion sensibility…


According to you, what are the best brands today? If I take out luxury brands and others which are really established, brands that we saw on the last Fashion Week and which are really interesting, there is Jour/né who made a great show and goes farther and farther to its creations, there was also Victoria / tomas for her first show. It is a brand which started not long ago, open her first shops and finally was creative and mature enough to made her first show and which has a lot of press. It was really interesting to see these young creators emerging. As French brands that we follow today, Carven, which the arrival of the new art director which was eagerly awaited. All eyes were turned above for this first collection. The young brands are the ones that we are interested in, but not necessarily those who made shows. We follow what makes Amélie Pichard for example, we find that completely moved, its nineties universe, finally very fashionable, she made it before anyone, the collaboration with Pamela Anderson last year, all these things which are very strong. There is a lot of emerging brands we are interested in, I can quote height from it … Côme is a very attractive brand, Proêmes de Paris made a very beautiful collection … We see a lot, it is difficult to make a choice.


The major pieces of your dressing? Finally I am rather classic; it is often people who are most in fashion who are the least dressed. Except some fashion editors maybe … I, every day, I am going to put a pair of jeans and a shirt and I am going to work. Good basic items, I do not think too much in how I am going to get dressed.


The personality who inspires you? If you could skype with a designer, whom it would be? I think that today all the eyes are on Virgil Abloh, everybody say that what he is doing is absolutely brilliant! Otherwise, the founder of Supreme … They are inspiring people. Manage to set up brands as Off White, Supreme by surfing on these new trends while keeping a luxury positioning, I have many things to learn about that, we are very far from that.


What is for you the height of the bad taste? I believe that in fashion, there is no really bad taste when you assume your outfit. We saw some fashion journalist who are going to wear orange with pink, who are completely going to assume by wearing it with big heels. Everybody is going to photograph them and to say that it is super cool. There are no more really codes today. Today, the bad taste, even socks in Birkenstock, it became trendy, with long shorts and an oversize shirt, in fact it is really fashionable. Today, the bad taste, it is to try to make as the others without assuming it.


And the good taste it is what? For me the good taste it is to assume your look!



  • Gris Icône Instagram
  • Gris Facebook Icône
  • Gris Icône YouTube
  • Gris LinkedIn Icône