RENCONTRE AVEC KAREN PETROSSIAN

Updated: Feb 20, 2019

Par Charlène MATHIEU (1ère année) - Léana ESCH / Charlène NANDO/ Eléonore VERGNIAUD (3ème année).


Mercredi après-midi, 14h30 : il est temps de se rendre à la conférence orchestrée par Karen Petrossian portant sur la protection et la transmission des savoir-faire au service du développement local.

Ainsi, il nous présente son association à but non lucratif prénommée «Heartwear». Celle-ci est née au cours d’un voyage de différents stylistes qui souhaitaient alors découvrir des tissus africains. Au départ, le but était de découvrir l’artisanat africain, sa dimension artisanale et par là, visiter les tisseurs et brodeurs locaux. A ce moment-là, un métier en train de disparaitre touche Karen Petrossian et son équipe : la teinture indigo. Auparavant, cette activité était très importante car l’indigo était présent partout. Mais les habitants ont fini par ne plus le porter et ont opté pour le wax.


Karen Petrossian ne voulait pas laisser disparaître ce métier et à l’aide de Li Edelkoort et Suzie Hopkins, ils ont créé l’association Heatwear. Leur objectif était de réaliser quelque chose autour de l’indigo ; ils sont donc revenus avec les vêtements afin de démarrer leur projet. Cette initiative leur a notamment permis d’apparaître dans le magazine ELLE, ce qui n’a fait que renforcer leur crédibilité et présence dans l’industrie. Pour faire face à leur première commande, l’équipe a fait un groupe de travail avec des artisans spécialisés et a ainsi pu exposer chaque année depuis 25 ans.

Aujourd’hui, Heartwear possède une véritable notoriété dans le domaine de l’indigo et des entreprises comme Merci ou Caravane font souvent appel à eux pour des partenariats. Effectivement, ils sont connus pour leur respect de l’artisanat. Le design apporte une intemporalité aux produits issus de l’artisanat mais malgré cela, ce métier n’a toujours pas de visibilité en Afrique et les créateurs du continent ne l’utilisent pas.

L’association souhaite donc y retourner afin de leur montrer leur travail et les convaincre d’adopter à nouveau cette méthode. Car il est vrai que l’Afrique regarde ses créations par le prisme occidental. Cependant, ils revendiquent maintenant leurs créations et souhaitent imiter des pays comme le Japon, qui possèdent des trésors nationaux.

Le but de l’association est désormais de passer le flambeau aux jeunes stylistes africains.

En ce qui concerne les techniques, l’utilisation du lin est primordiale. Pour obtenir un bleu foncé parfait, il faut teindre sept fois de suite le tissu. Pour faire ce bain de couleur, l’on utilise des plantes fraîches. L’indigo, lui, est fait à partir de plusieurs plantes : il y a sept cent variétés de plantes qui donnent la même couleur indigo. A savoir que du XIXème siècle à 1870 (lorsque sa synthèse fût inventée), il fût une des plus importantes ressources du continent africain.

La technique utilisée est une technique compliquée car l’on fait des bains à froid où l’on fait macérer les feuilles devant fermenter afin de donner une substance qui produira le bleu indigo. Au début, le tissu ressort vert mais c’est l’oxygène qui va bleuir le tissu !


Il est également possible de réaliser des tie and dye grâce à des noeuds ; cela permet de produire des variations quant à la couleur originelle. bien sûr, il existe différentes techniques pour obtenir différentes formes et différents designs. Pour tout attacher, l’on peut compter entre deux et trois heures ; pour la teinture, il faut prévoir deux à trois jours.


Enfin, chaque pièce est unique et le temps qui lui est accordé dépend de ce que l’on souhaite obtenir : du batik, du moucheté…De quoi donner matière à réflexion !

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Meeting with KAREN PETROSSIAN


Wednesday afternoon, 2.30 pm: It is time to go to the conference orchestrated by Karen Petrossian on the protection and transmission of know-how for the local development.

He introduces us to his non-profit association called “Heartwear”. It was created on a trip of different designers who wanted to discover African fabrics.


Initially, the goal was to discover African craftsmanship, its artisanal dimension and to visit local weavers and embroiderers. But during the visit, the disappearing art of the indigo dye has touched the hearts of Karen Petrossian and his team. Before, this activity was very important because indigo was needed everywhere. But the inhabitants ended up no longer wearing it and opted for wax.


Karen Petrossian did not want to let this art disappear and with the help of Li Edelkoort and Suzie Hopkins, they created the Heatwear association. Their goal was to achieve something around indigo; so they came back with the clothes to start their project. This initiative allowed them to appear in the ELLE magazine, which only strengthened their credibility and presence in the industry. To face their first order, the team has made a working group with specialized craftsmen and has been able to exhibit every year for 25 years straight.


Today, Heartwear has a strong reputation in the domain of indigo and companies like Merci or Caravan often call on them for partnerships. Indeed, they are known for their respect for craftsmanship. The design brings timelessness to products from the craft industry however, this business still has no visibility in Africa and the creators of the continent do not use it.

Therefore, the association wishes to return to Africa to show them their work and convince them to adopt this method again. Because it is true that Africa looks at its own creations through the Western prism. However, they are now claiming their creations and want to imitate countries like Japan, which have national treasures.


The goal of the association is now to pass the torch to young African designers.

As far as the techniques are concerned, the use of flax is essential. For a perfect dark blue, you have to dye the fabric seven times in a row. To make this bath of color, only the fresh plants are used. Indigo is made from several plants: there are seven hundred varieties of plants that give the same indigo color. It’s worth knowing that from the beginning of the 19th century to 1870 (when its synthesis was invented), it was one of the most important resources of the African continent.


The technique used is a complicated one, because leaves are macerated in cold baths before being fermented to give a substance that will produce indigo blue. At first, the fabric is green, but it is the oxygen that will color it blue!


It is also possible to achieve tie and dye effect through knots; this makes it possible to produce variations of the original color. Of course, there are different techniques to obtain different shapes and designs. To attach everything, one can count between two and three hours; for the dyeing, it is necessary to envisage two to three days.

Finally, each piece is unique and the time spent depends on what you want to get: batik, speckled... That is some food for thought!

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